Techniques de diffusion de désinformation et l’influence russe dans l’élection présidentielle française 2017

Paris – L’impact des « fake news » est en légère baisse pendant les dernières semaines de la campagne ; toutefois, la désinformation et les récits russes se propagent toujours aux réseaux sociaux, selon une nouvelle étude de la société Bakamo.

« Notre second rapport sur l’élection présidentielle française démontre que les utilisateurs des réseaux sociaux partagent davantage les actualités politiques qui proviennent des sources traditionnelles, telles que les journaux et les sites officiels des partis et candidats. Néanmoins, alors que la majorité leur en fait confiance, une minorité notable reçoit toujours un régime quotidien de désinformation et de propagande russe des sites non-traditionnels. »

Le rapport qui s’intitule Techniques de désinformation dans l’élection présidentielle française de 2017, montre que :

  • Environ les deux-tiers de liens partagés appartenaient à des sources d’actualité traditionnelles, ainsi qu’à des sites officiels des candidats et des partis, une augmentation de plus 10% en avril par rapport à la période du 1 novembre jusqu’au fin mars.
  • Environ 20% des liens partagés sur les réseaux sociaux en avril proviennent de sources qui contestent les médias traditionnels et représentent l’univers des sites potentiels de désinformation.

Parmi ceux-ci, environ 30%, soit 7% au total, proviennent de sites qui manifestent une influence russe.

Dans l’étude, l’influence russe est définie comme l’activité de republication ou de citation d’articles de tels sites comme la version française de RT (précédemment Russia Today) et Sputnik News, ainsi que bon nombre d’autres blogs russes écrits en français.

L’étude dévoile quatre techniques de diffusion de désinformation qui apparaissent dans les articles sur l’élection présidentielle française publiés par des sources de média non-traditionnels. Ces techniques comprennent des faux-semblants de crédibilité, des sondages non-scientifiques, la soustraction des articles de leur contexte historique, ainsi que de simples canulars. Ces méthodes coexistent avec des récits russes dont l’intention est d'influencer les lecteurs français afin qu’ils reçoivent favorablement des messages inspirant de la sympathie à l’égard des positions pro-Russes et les candidats qui les soutiennent.

L’analyse, qui met à jour les données de la première étude de Bakamo pour traiter la période du 1er novembre au 21 avril, s’appuie sur presque dix millions de liens en relation avec l’actualité politique et électorale provenant des 800 premiers sites les plus partagés sur les réseaux sociaux.

 « Les sources de médias traditionnelles restent tout de même pertinentes et fiables pour leurs utilisateurs », a déclaré Deitch. « Pourtant, un lien sur cinq en avril provient toujours de sources qui défient la validité du média traditionnel. Malgré leur influence un peu réduite, ces sites et leurs lecteurs sont toujours très actifs, et n’ont pas l’air de vouloir disparaître ».

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